
BrushBuddy
Un cube-monstre compagnon qui guide les enfants de 4 à 8 ans pendant deux minutes de brossage des dents. Sortez la brosse à dents et le visage du cube réagit par la lumière, le mouvement et le son : douze dents s'allument l'une après l'autre, et la séquence n'avance que tant que l'enfant se brosse vraiment les dents.
- Rôle
- Électronique et firmware
- Année
- 2026
- Cadre
- SUPSI · ID140
- Périmètre
- Équipe de deux · sprint de 5 jours
- Livré
- Prototype fonctionnel
Les enfants de 4 à 8 ans résistent souvent au brossage des dents, décrochent avant les deux minutes, ou s'arrêtent quand la routine devient répétitive. La solution habituelle, un minuteur, mesure la tâche mais ne fait rien pour donner à l'enfant l'envie d'aller au bout.
BrushBuddy recadre le brossage comme une courte interaction avec un personnage plutôt que comme un décompte. Un monstre compagnon réagit à ce que fait l'enfant par la lumière, le mouvement des yeux et le son, transformant les deux minutes en une petite relation plutôt qu'en une attente.
- L'électronique et le firmware embarqué du cube et du module de la brosse à dents
- La liaison sans fil de détection de mouvement qui valide un brossage réel
- L'intégration de l'éclairage, du son et du mécanisme de récompense
- Idéation et cadrage du périmètre le premier jour avec l'équipe
- La CAO du cube, la fabrication et le personnage de monstre (Nicholas Vos)
Équipe de deux (Jérémy Martin, Nicholas Vos) pour ID140 Creating Tangible Interfaces à la SUPSI, enseigné par Lorenzo Romagnoli et Marco Lurati.
L'effort que l'on voit
Un minuteur indique à l'enfant combien de temps il reste ; il ne fait rien pour lui donner l'envie de rester. BrushBuddy remplace le décompte par un personnage qui réagit. La routine de deux minutes devient une séquence visible de douze dents qui s'allument une à une : l'enfant voit toujours ce qui est fait, ce qui reste, et dans quel ordre se brosser.
L'idée maîtresse : la séquence n'avance que tant qu'un vrai mouvement de brossage est détecté. Arrêtez-vous, et le compagnon s'arrête avec vous. Cela transforme directement l'effort en progression. La motivation s'étend ensuite au-delà d'une seule séance : les routines terminées s'accumulent, et après douze le cube distribue un autocollant, donnant une raison de revenir le lendemain.
Une séance, du début à la fin
Une séance commence à l'instant où la brosse à dents est soulevée de son socle. Le cube déroule un court temps de préparation, le temps de trouver le dentifrice, puis un signal de départ ouvre les deux minutes. Les dents s'allument en séquence pendant que les yeux bougent, et si le brossage s'arrête, les yeux s'arrêtent et l'éclairage se met en pause jusqu'à la reprise.
Un signal de fin clôt la routine et invite à remettre la brosse en place. Une fois la brosse remise, le cube montre à quel point l'enfant est proche du prochain autocollant, et après douze séances terminées il en distribue un et remet le compteur à zéro. Chaque état reste explicite et observable, de sorte qu'un enfant de quatre ans peut lire toute la boucle sans qu'on la lui explique.

Deux microcontrôleurs, une routine
Dans la construction, ma part était l'électronique, répartie sur deux appareils. Le cube contient le cerveau : le visage animé, les douze dents adressables, les signaux sonores et le servomoteur qui distribue les autocollants. Le second microcontrôleur loge dans la brosse à dents, où un capteur de mouvement détecte si l'enfant se brosse vraiment les dents et l'envoie au cube par une liaison sans fil. Diviser le système en deux, c'est ce qui permet à la routine de distinguer un vrai brossage d'une brosse posée immobile.
Les dents éclairées ont posé leur propre petit problème, résolu avec du plexiglas poncé pour diffuser la lumière de façon uniforme plutôt qu'éblouissante. Chaque sous-système a été mis au point sur l'établi avant d'entrer dans le cube, car dans une construction en cinq jours il n'y a pas le temps de tout déboguer en même temps.

Cinq jours, de bout en bout
Le projet était un sprint de prototypage rapide de cinq jours sur le thème « Reminder ». Le premier jour a réduit un cahier des charges large à une seule routine stable et bien définie : le brossage des dents pour les enfants de quatre à huit ans. Le deuxième jour a choisi et testé l'électronique sur l'établi pendant que la forme du cube prenait corps en CAO. Le troisième jour a mis au point le programme embarqué et l'éclairage des dents, puis entamé la fabrication.
Le quatrième jour a assemblé le cube et ajouté le second microcontrôleur dans la brosse à dents, envoyant le mouvement sans fil. Le cinquième jour a été le réglage et la fiabilité, le distributeur d'autocollants, le mécanisme le plus capricieux, résistant jusqu'au bout. Travailler aussi vite impose une discipline que j'apprécie : décider ce qui doit fonctionner en premier, et laisser tout le reste gagner sa place seulement si le temps le permet.
Un prototype tangible fonctionnel construit en un sprint de cinq jours : un cube réactif et une brosse à dents instrumentée qui ensemble guident et valident une routine de deux minutes.
Un brossage qui n'avance qu'avec un mouvement réel, une séquence de progression visible de douze dents, et une récompense en autocollant qui porte la motivation sur plusieurs jours plutôt que sur un seul brossage.
C'est mon préféré des projets de prototypage rapide, et le moment qui l'a scellé a été la présentation finale. Avec des travaux partout dans la salle, et pas tous conçus pour des enfants, le seul enfant présent est passé devant tout le reste et s'est planté devant BrushBuddy. Pour un jouet de brossage des dents, aucun score d'utilisabilité ne vaut cela. Le format de cinq jours est brutal et clarifiant à parts égales : il vous force à prouver d'abord les quelques choses qui comptent et à faire confiance au reste pour suivre, et voir un enfant ignorer les adultes et jouer a été la preuve que ces quelques choses étaient les bonnes.






