
WeMatch
Un compagnon AX de compatibilité de voyage pour WeRoad, la plateforme de voyages en groupe. Il aide les voyageurs à trouver le bon groupe, pas seulement le bon voyage : il lit la façon dont une personne voyage, construit un profil comportemental, évalue chaque groupe au regard de ce profil et explique chaque correspondance en langage clair.
- Rôle
- Recherche · design AX · récit
- Année
- 2026
- Cadre
- SUPSI × Spark Reply
- Périmètre
- Équipe de cinq
- Livré
- Présentation, agent testable, récit scrollytelling
WeRoad conçoit tout d'un voyage en groupe, sauf la seule chose qui en décide l'issue. L'itinéraire, les hôtels, les accompagnateurs, le rythme : tout est planifié. Le groupe, ces onze inconnus avec qui vous passerez dix jours, est laissé à ceux qui ont, par hasard, réservé les mêmes dates.
Les avis le disent sans détour. Sur 1'660 avis récents de WeRoad publiés sur Trustpilot, 58% mentionnent le groupe ou leurs compagnons de voyage, plus que la destination, la cuisine, les hôtels ou les accompagnateurs. Et quand un voyage tourne mal, le groupe est la cause la plus citée : 18% des avis négatifs lui sont imputables.
Même marque, même itinéraire, voyage opposé. L'un rentre du Maroc avec des gens qu'il n'oubliera pas de sitôt. L'autre subit une dynamique de groupe toxique en Chine dès le deuxième jour. La destination fixe l'attente ; le groupe façonne l'expérience. Aujourd'hui, le groupe reste la seule variable que personne ne conçoit.
- Analyse des données Trustpilot : l'étude des 1'660 avis qui sous-tend les chiffres de 58% et 18%
- Design de l'expérience agentique (AX) : l'agent en six phases et le modèle de matching par ADN comportemental
- Design, développement et récit de l'expérience scrollytelling (Nuxt + GSAP)
- Storytelling de la présentation finale, avec un membre de l'équipe
- Idéation et recherche UX (revue de littérature et entretiens), partagées au sein de l'équipe
- WeRoad n'est pas un client. WeMatch est un concept spéculatif et non sollicité ; la marque n'est mobilisée qu'à titre contextuel, sans aucun partenariat.
Équipe de cinq pour Designing Intelligent Experiences (SUPSI × Spark Reply) : Oleksandra Drapushko, Jérémy Martin, Ceren Seçkin, Zeno Tamagni, Elia Miglio.
Trois angles, un même constat
Le constat vient de la triangulation, pas d'une intuition. Nous avons lu la littérature scientifique sur le voyage en solo, la dynamique de groupe et l'appariement (matchmaking). Mené huit entretiens approfondis, de 45 à 60 minutes chacun, auprès de voyageurs en solo et en groupe. Et analysé les avis WeRoad à grande échelle. Trois sources indépendantes, un même constat qui revient.
Elles convergent vers une seule phrase : la destination fixe l'attente, mais le groupe façonne l'expérience. Trois constats l'affinent. On évalue un voyage sur sa logistique, mais on le vit dans le rapport aux autres. Le profil d'un voyageur évolue avec le contexte et le temps ; un profilage figé ne peut pas le saisir. Et une bonne correspondance doit sonner juste, car la compatibilité ne convainc que lorsqu'on s'y reconnaît.
Des groupes déguisés en voyages
Le recadrage tient en un seul geste. Avant, nous disions que les voyageurs ont besoin d'aide pour trouver le bon voyage. Désormais, nous disons que le bon voyage a besoin du bon groupe. Le catalogue de destinations est en réalité un catalogue de groupes, habillés en itinéraires.
Surtout, rien n'est retiré. On cherche toujours par destination, par dates et par prix, exactement comme avant. Ce qui s'ajoute, c'est un score de compatibilité sur chaque voyage, et la possibilité de trier par compatibilité du groupe plutôt que par date ou par prix. La recherche habituelle reste en place ; un seul signal, nouveau et lisible, change ce qu'elle optimise.

Un compagnon, six phases
WeMatch est un agent (l'équipe l'a baptisé Matchy) qui accompagne tout le parcours, plutôt qu'une simple conversation ponctuelle. Il fonctionne en six phases, chacune dans un rôle distinct. Il découvre, en captant des signaux liés au rythme, à l'énergie sociale et à l'intention. Il profile, en bâtissant l'ADN comportemental du voyageur à partir de ces signaux. Il sélectionne, en notant chaque groupe par rapport à cet ADN.
Puis il explique, en rendant chaque correspondance compréhensible avant la réservation. Il prend des nouvelles pendant le voyage, en lisant la dynamique sociale en temps réel. Et il évolue, en affinant la compatibilité future à partir du vécu et des retours sur le voyage. L'arc court de la première session jusqu'à bien après le retour du voyageur.

ADN comportemental, du signal à la correspondance
Le profilage est le moteur. Les autres plateformes classent les voyages par destination ; WeMatch les classe par compatibilité. Deux entrées convergent vers un même profil : ce qu'un voyageur dit en conversation, et sa façon de naviguer sur le site. Ensemble, elles construisent un ADN comportemental sur huit dimensions, comme le rythme, l'énergie sociale, le style de planification et la gestion des conflits, mis à jour en continu dès la première session.
Chaque groupe disponible est ensuite noté à l'aune de cet ADN, ce qui produit un pourcentage de compatibilité et une explication en langage clair pour chaque voyage. La recherche se réordonne par compatibilité du groupe : « 87%, porté par la culture, rythme lent, trentenaires » passe avant « 41%, porté par le social, tempo festif, groupe plus jeune ». Et le profil reste visible et modifiable : le voyageur voit ce que l'agent a déduit et peut le corriger ; plus il s'implique, plus la correspondance est juste.

Communiquer une couche invisible
Une couche de compatibilité est difficile à montrer, parce que ce qu'elle a d'intéressant reste invisible. Côté communication, mon rôle était de la rendre tangible sans passer par une liste de fonctionnalités : une expérience en scrollytelling qui suit une voyageuse au moment où elle décide si elle réserve. Le lecteur découvre le service en situation, comme elle le vivrait, au lieu qu'on lui explique ce qu'il fait.
La même logique a guidé la présentation finale, dont j'ai construit la narration avec une coéquipière. Dans les deux cas, la règle était la même : montrer l'agent à l'œuvre, sans jamais le désigner comme de l'IA.
Un concept d'expérience agentique ancré dans la recherche : trois angles de recherche indépendants qui convergent vers un même constat, un agent en six phases et le modèle de matching par ADN comportemental.
Trois livrables produits : la présentation complète du projet, un agent fonctionnel et testable, et le récit en scrollytelling qui tient lieu d'argumentaire.
Bien reçu par le jury, autant pour le récit que pour l'agent fonctionnel qui le soutient.
Le plus précieux n'était pas le concept. C'était d'apprendre la méthode auprès d'une équipe qui construit de vraies expériences agentiques. La pratique AX de Spark Reply a sa propre grammaire : concevoir autour de l'intention de l'utilisateur plutôt qu'autour des fonctionnalités, donner une personnalité à l'agent et la maintenir cohérente, et consacrer un vrai temps aux cas limites, là où l'autonomie d'un agent a le plus de chances de mal tourner. Ce cadrage a transformé ma manière de concevoir avec l'IA, et c'est l'angle que j'apporte désormais au reste de mon travail.





