
À ta Dispo
Un concept de startup qui met en relation des bénévoles avec les organisations et événements qui ont besoin d'eux, mené de bout en bout dans le processus entrepreneurial. Associations, ONG, institutions culturelles et festivals peinent tous à recruter des bénévoles fiables ; les bénévoles, eux, peinent à trouver des opportunités et à être reconnus. À ta Dispo fait le lien entre les deux.
- Rôle
- Recherche et stratégie
- Année
- 2024 — 2025
- Cadre
- HEIG-VD · Startup + Crunch
- Périmètre
- Projet d'équipe
- Livré
- Business plan, finances, pitch
Les organisations qui reposent sur le bénévolat (associations, ONG, institutions culturelles, festivals) se heurtent toutes au même mur : recruter des personnes fiables est lent et incertain, et les désistements de dernière minute sont fréquents. De l'autre côté, les bénévoles trouvent des opportunités par le bouche-à-oreille, ont peu de visibilité sur ce qui leur correspond, et n'obtiennent aucune reconnaissance concrète pour leur présence.
C'est un problème que j'ai vécu de l'intérieur. Diriger le comité d'un festival de musique m'a appris à quel point le recrutement de bénévoles est fragile, et c'est en partie pour cela que ce projet comptait pour moi. Les chiffres confirmaient l'intuition : environ 60 % des bénévoles souhaitent être mieux reconnus pour leur engagement, et plus de la moitié des organisateurs peinent réellement à recruter des personnes fiables et engagées.
- Recherche utilisateur et validation du problème : entretiens, sondages et données derrière le concept
- Stratégie d'entreprise et de marché : l'étude concurrentielle, la proposition de valeur et le modèle d'affaires
- Le concept et les livrables entrepreneuriaux avec l'équipe
- Une partie de la modélisation financière et du pitch, répartie au sein de l'équipe
Développé au fil de deux cours d'entrepreneuriat, avec des équipes changeantes. Dans le cours Startup and Business Plan (donné par Jacques Panchard) : Morgane Devals, Leo Emeri, Joël Gaillard, Jérémy Martin et Maxime Peretti. Retravaillé dans le cours Crunch avec Leo Emeri, Jérémy Martin, Tim Cherpillod et Arthur Junod.
Une lacune vue de l'intérieur
Nous avons commencé par valider le problème plutôt que de le présumer. Les entretiens avec des bénévoles et des organisateurs d'événements ont fait remonter, encore et encore, la même frustration des deux côtés : des bénévoles qui dépendaient du bouche-à-oreille et se sentaient invisibles, et des organisateurs qui ne trouvaient pas de personnes fiables et redoutaient les absences.
Un sondage est venu chiffrer tout ça, et les outils existants se sont révélés totalement inadaptés : conçus pour gérer les bénévoles une fois qu'on les a, pas pour le plus dur, la mise en relation et la reconnaissance qui donnent envie de revenir.
Mettre en relation, pas gérer
À ta Dispo est volontairement resserré : un moyen rapide et simple de mettre un bénévole en relation avec la bonne opportunité, au sein des associations, ONG, institutions culturelles et événements, et une façon de valoriser ce bénévolat pour que les gens se sentent reconnus et reviennent. La reconnaissance est une fonctionnalité à part entière, pas un détail ajouté après coup (pensez aux badges et certificats pour un engagement réel), parce que les données le montraient : c'est précisément la reconnaissance qui manque.
La discipline, c'était de tenir le périmètre. Chaque outil existant que nous avons examiné avait dérivé vers un lourd logiciel de gestion d'événements. Nous avons gardé À ta Dispo concentré sur les deux choses qui font vraiment bouger les lignes : une mise en relation efficace et une reconnaissance sincère, sans le superflu de la gestion.

De l'idée à un modèle défendable
Comme c'était un projet d'entrepreneuriat, le concept devait tenir debout en tant qu'entreprise, pas seulement comme une jolie idée. Nous avons mené une étude concurrentielle (en cartographiant les concurrents directs et indirects, et les zones où nous pouvions réellement l'emporter), construit une proposition de valeur autour des vrais besoins et frustrations du bénévole, et travaillé le modèle d'affaires dans un canevas, avec des segments de clientèle allant des associations et ONG aux institutions culturelles, puis un business plan complet avec les finances.
C'est la partie que l'école de design laisse généralement de côté, et elle a changé ma façon de penser. Un concept ne vaut que ce que vaut le modèle capable de le porter, et confronter une idée à des chiffres et à un marché, c'est une forme d'honnêteté en soi.

Deux cours, deux passages
Le projet s'est déroulé deux fois. Le premier passage, dans les cours Startup and Business Plan, a posé le concept, la recherche et le plan. Le second, dans le cours d'entrepreneuriat Crunch, l'a retravaillé avec des finances plus affûtées et une simulation de financement bancaire, en traitant À ta Dispo comme une entreprise qu'un investisseur pourrait réellement soutenir.
Revenir sur la même idée avec plus de rigueur, c'est ce qui l'a rendue réelle plutôt qu'académique. Le second passage portait moins sur une nouvelle fonctionnalité que sur une seule question : est-ce que ça tenait debout tout seul ?

Un concept de startup validé, appuyé par de la recherche, une étude concurrentielle, une proposition de valeur et un business plan complet, centré sur la mise en relation et la reconnaissance plutôt que sur la gestion.
Un dossier entrepreneurial complet, business plan, finances et pitch, affiné au fil de deux cours pour passer d'un premier concept à une entreprise finançable.
Un projet réellement interdisciplinaire : la partie de ma formation où le design thinking a rencontré la recherche de marché, la modélisation d'affaires et la finance.
À ta Dispo est le projet où j'ai appris qu'une bonne idée ne suffit pas. Ayant dirigé le comité d'un festival, je connaissais intimement le problème du bénévolat, mais en faire quelque chose de défendable passait par des études de marché, un modèle d'affaires et des finances, les parties qu'un designer est tenté d'écarter d'un revers de main. J'en suis ressorti convaincu que le travail de design le plus solide s'inscrit dans une vraie compréhension de la viabilité, et que la discipline de se demander si une chose peut réellement fonctionner n'est pas l'ennemie d'un bon concept, c'est ce qui le protège.







